Les activités courantes, la recherche de nouvelles activités-détente, les activités-curiosité
Les activités courantes : cuisine, toilette, lessive, ménage, poubelles
Aussi appelées corvées quand aucun des protagonistes n'a envie de les faire...
La meilleure solution pour éviter les frustrations des uns de se sentir exploités ou des autres qui voudraient s'y mettre (oui oui ça existe!) est de se concerter, quand on est confiné à plusieurs, pour répartir de façon équitable, selon les capacités, les compétences, les envies préférentielles de chacun, sans devoir subir l'inertie des uns ou les exigences implicites des autres, dictées par un conditionnement inconscient de ce que « doit » faire un enfant, un adulte, un homme, un garçon, une femme, une fille.
Cela peut être l'occasion pour les « non-experts » d'apprendre à cuisiner, à manier l'aspirateur, à utiliser une perceuse ou une scie sauteuse, à comprendre le fonctionnement cet engin magique qu'est la machine à laver le linge (magique car je n'en ai pas au bateau, la lessive à la main est une activité chronophage bien partagée!).
Les activités détente = trouver de nouveaux repères
L'importance de l'activité physique mérite un chapitre à elle seule. Elle sera abordée plus loin.
Il ne s'agit plus d'attendre la fin du confinement pour trouver de nouvelles activités liées à cette condition de confiné. Le temps est là, pour innover avec ce que l'on sait faire et ce que l'on a sous la main, se perfectionner et voir avec une immense satisfaction nos nouvelles réalisations très réussies. Le but est de se faire plaisir évidemment, mais aussi de se concentrer sur une activité donc de se vider la tête des préoccupations pendant un moment, de se rafraîchir les idées dans un environnement clos, bref, de booster son bien-être.
Sans oublier de se féliciter soi-même chaudement pour ses initiatives, progrès, réalisations, nouvelles façons de penser ou d'agir!
Personnellement, passer d'une vie active avec travail, famille, activités distrayantes (la danse pour moi) à une vie en couple, en circuit fermé et en pays étranger n'a pas été facile. « Et maintenant, on fait quoi ? » « Ben... rien, on rêvasse sur le sens de la vie ! ». Punaise ! je peux rêvasser 15 minutes, 30 minutes maximum, mais que vais-je faire des 23h30 restantes de ma journée ? Balade à terre (encore faut-il pouvoir sortir du bateau), regarder un film, cuisine et repas, câlins, dodo, c'est vraiment ça , et uniquement ça, pour les prochaines années ? Certes, la journée est bien remplie mais certains de mes besoins fondamentaux ne sont absolument pas satisfaits !
D'où la recherche de nouveaux repères, c'est à dire d'activités très personnelles. Voici quelques stratégies que j'ai mises en place :
- Adapter ses anciennes activités aux contraintes
J'ai pris ce que je savais faire et que je faisais dans ma vie active, dans un domaine qui me passionne, que j'ai adapté à ma nouvelle vie de bateau, avec ses nouvelles contraintes. Puis grâce à internet, j'ai pu continuer à transmettre et à partager ces sujets qui m'intéressent. Avec le plaisir de voir ce blog devenir un livre.
Plus concrètement, ce blog m'a donné un but et de l'enthousiasme pour l'alimenter.
Etant isolée, j'ai appris seule comment fonctionne un blog, choisis un site, décortiqué son fonctionnement, écrit et publié : c'était la 1ere phase, de découverte, entrecoupée de désespoir profond ("je suis trop nuuulle!") de ne rien comprendre parfois.
La deuxième phase est venue de la nouveauté de la situation, qui m'a fourni l'inspiration : je me posais plein de questions sur cette nouvelle vie, notamment sur comment adapter ce que je savais à ce que je vivais.
3ème phase : en parallèle, le cap'tain, très fort en cuisine m'a appris beaucoup de choses, grâce auxquelles la partie théorique du blog s'est complétée d'une partie beaucoup plus pratique : c'était une autre phase de découverte et d'expérimentation devant la gazinière cette fois, très motivante.
Au final, ce blog m'a permis d'utiliser mes connaissances en santé/biologie humaine /alimentation et de partager ces informations, sans être ligotée par un programme officiel décrivant point par point ce qu'il faut aborder auprès du « public » (élèves de lycée et BTS) : une énorme bouffée de liberté d'expression dans mon monde confiné, tout en continuant à faire ce que j'aime (transmettre et partager) sur un sujet qui me passionne (le corps humain à toutes ses échelles), en abordant une nouvelle approche et un nouveau média. Et voilà pour la tête!
- Se créer de nouvelles activités ... avec ce que l'on a sous la main :
"Que pourrais-je faire de vraiment nouveau ?". Le temps est là pour découvrir et se perfectionner dans une nouvelle activité, quelle qu'elle soit , en étant indulgent avec soi si les résultats au début ne sont pas toujours à la hauteur des espérances... On ne peut que s'améliorer en persévérant !
Pour moi, cela a été (et est toujours) la cuisine, avec pour principal objectif d'avoir une alimentation la plus variée et la plus équilibrée possible avec ce que l'on a et ce que l'on trouve.
Bienvenue cakes ratés, biscuits cramés, tests de nouvelles recettes au final immangeables. Dans ma vision limitée de la cuisine, faire un pain ou une mayonnaise relevait d'un chef 3 étoiles et une recette était comme un protocole de biochimie qu'il fallait respecter avec exactitude, avec un E très majuscule à « exactitude » ! En fait, la cuisine laisse une énorme liberté de réalisation pour peu qu'on ait acquis une petite culture culinaire : comprendre le rôle d'un produit dans une recette, connaître son goût, sa texture, par quoi le remplacer en cas de pénurie ( d'oeuf, de fromage, de beurre, d'un type de féculent …).
Puis nous avons changé de pays, trouvé d'autres produits frais, des magasins peu achalandés ou pratiquant des prix défiant toute concurrence, dans le mauvais sens du terme. Nous nous sommes tournés vers les produits locaux (patates douces, régimes de bananes,fruit à pain, corossol, noix de coco etc...) avec quelques grandes questions existentielles : ah bon, ça se mange ? Comment le cuisiner ? Comment varier les préparations ? Nouvelle expérience très motivante : la chasse aux recettes locales et les tests culinaires : « c'est bon : recette gardée ; pas bon : recette éliminée du grand cahier ».
- Réaliser un rêve ... jamais réalisé faute de temps !
Vous av(i)ez un don ? Une passion pas du tout lucrative ? C'est le moment de s'y mettre, si c'est possible avec ce dont vous disposez. Chanter, danser, bricoler sérieusement, commencer un petit potager, écrire un livre, composer la musique qui trotte dans la tête, battre le record de pompes ou de corde à sauter, que sais-je, je ne suis pas dans votre tête ni dans votre vie !
C'est dès maintenant qu'il faut s'y mettre ! Pas de timidité ! Pas de procrastination ! Hop ! On fait le premier pas (le plus dur) !
"Je serai astronaute!", bon, ce rêve-là n'est pas encore réalisé. " Je serai artiste!": jusqu'en Terminale comprise, les marges de mes cahiers étaient ornées de dessins de doigt, de main, d'oeil, de profils de mes petits camarades. En prépa: fini de dessiner mon entourage, c'était des plantes, des fossiles, des belles réactions chimiques pleines de substrats et de produits. Cela n'a pas été les Beaux -Arts, mais l'agreg de biochimie, puis prof, avec des jolis dessins dans mes polys et au tableau - dont tout le monde se fichait bien.
Mais l'envie de dessiner et d'utiliser mes mains était toujours là.
Plus récemment, le voyage nous a emmené dans des contrées sauvages, désertes, maginfiques. Plus de réseau, plus d'internet, ma première et nouvelle activité de blog s'est arrêtée d'elle même. "Que faire, que faire... " Tiens, du papier, des fusains au fond du placard, qui m'accompagnent depuis des années sans sortir de leur boîte. Nouvel objectif : dessiner chaque baie dans laquelle nous nous arrêtons. Puis extension de l'activité aux dessins à partir de photos de paysages, de personnages, sur des supports variés, plus ou moins réussis, mais en retraçant l'évolution du trait depuis 4 ans, c'est un fait, s’entraîner encore et encore amène à des progrès bien visibles !
Les activités-curiosité : sur n'importe quel sujet,tout est bon à prendre
Le défit : apprendre au moins une nouvelle chose par jour - sur le monde ou sur soi!- avec la satisfaction le soir de penser qu'on en sait un peu plus que le matin quand on s'est levé.
Moi, j'aime bien...
Cela peut venir de l'observation de la nature : comment s'organisent les feuilles sur une tige ? Combien de pétales pour cette fleur ? Quelles différences entre les chants des oiseaux ? Comment se forment ou se déplacent les nuages, et pourquoi ? Repérer et identifier quelques constellations dans la nuit étoilée, et les retrouver tous les soirs... Ou de l'observation des personnes : un nouveau comportement chez soi ou dans son entourage.
Un nouveau mot dans son vocabulaire, un nouveau bricolage, une nouvelle idée, une nouvelle recette... tout, absolument tout est bon à prendre ! Toutes les sources sont possibles : l'observation et la recherche personnelle, l'enfant avec ses connaissances de l'école et des copains, le conjoint, les copains et la famille par téléphone, la radio, internet, les livres...
Le bilan de la journée :
Chaque soir : faire le bilan de ces petites et grandes choses réalisées dans la journée : aujourd'hui j'ai appris …, j'ai réalisé …., j'ai pu faire …., j'ai téléphoné à …., ce que j'appelle les « petits bonheurs » et la journée qui semblait identique à la précédente a finalement été remplie de pleins de nouveaux petits bonheurs.
Et se féliciter d'avoir passé une si bonne journée. Si ça n'a pas été le cas : demain sera une très bonne journée.