Nous sommes des homéothermes: notre température corporelle interne reste autour d'une valeur constante (36,8 +/-0,5°C) correspondant au fonctionnement optimal de nos organes et cellules, grâce à un équilibre entre nos gains et nos pertes de chaleur.
Une production permanente de chaleur
Vivre, c'est réaliser en permanence des réactions cellulaires qui dégagent de la chaleur.
La survie proprement dite est assurée par les organes « nobles » (cerveau, cœur, poumons, foie...) dont le fonctionnement, relativement stable, dégage en permanence une quantité importante de chaleur. S'il n'existait pas des mécanismes de dissipation de chaleur, notre température interne augmenterait de 1°C par heure juste pour l'activité de survie.
Tous les autres organes libèrent également de la chaleur proportionnellement à leur activité. L'activité musculaire est responsable des augmentations les plus importantes: une activité physique modérée augmenterait notre température interne de 2°C par heure s'il n'y avait pas les déperditions.
De légères augmentations de température interne s'opèrent également sous l'effet des émotions ou du stress, de la progestérone chez la femme en deuxième partie de cycle menstruel, ou encore pendant les phases de sommeil paradoxal (phases où l'on rêve).
Sans mécanismes de dissipation de la chaleur, l'hyperthermie mortelle serait très vite atteinte, même en climat tempéré.
Les pertes obligatoires de chaleur en climat tempéré
La chaleur produite par les organes réchauffe le sang. En circulant dans tout l'organisme, le sang amène de la chaleur dans la peau où elle peut se dissiper dans l'environnement par 4 mécanismes physiques :
- la radiation (principal mode de perte de chaleur: 60 % des pertes totales en ambiance tempérée)
La peau, comme tout élément chaud, émet de la chaleur sous forme de rayonnements infrarouges. Plus la peau est chaude (ce qui dépend de la quantité de sang qui y circule), plus la surface de peau exposée au milieu ambiant est importante, et plus l’organisme perd de la chaleur par radiation.
- la conduction (perte modérée à négligeable : 3% des pertes totales)
Toucher la surface d'objets immobiles, plus froids que la peau, les réchauffe et refroidit la peau (par ex. le sol, un mur, les vêtements).
- la convection (perte estimée à 12 – 15 % des pertes totales)
Nous perdons de la chaleur en chauffant les fluides qui circulent sur la peau (air ou eau) ou sur les muqueuses respiratoires (air). Les pertes par convection dépendent de la différence de température entre la peau et les fluides environnants: plus la peau est chaude par rapport à l'environnement ou plus l'environnement est frais par rapport à la peau, et plus la perte de chaleur est importante.
Ces trois mécanismes, importants pour dissiper l'excès de chaleur, sont également pourvoyeurs de chaleur en climat tropical.
- l'évaporation (perte estimée à 22 – 25 % en climat tempéré)
Un peu d'eau diffuse continuellement par les glandes sudoripares (ce n'est pas de la sueur) et dans l'air expiré, et s'évapore au contact de l'air. Ce changement d'état (eau liquide → vapeur d'eau) consomme de l'énergie, qui EST la chaleur de la peau. Plus l'air est sec, plus l’évaporation est efficace et plus l'effet réfrigérant est important.
Equilibre / déséquilibre
L'équilibre entre production et perte de chaleur par ces quatre mécanismes est obtenu en étant au repos, dans une ambiance fraîche, à l'ombre et à jeun.
Augmentons maintenant la production interne de chaleur , par ex. en faisant un bel effort physique ou en digérant un copieux repas. Ou réduisons la dissipation de la chaleur par la peau en nous mettant en plein soleil, ou en vivant en climat bien chaud voire et humide. Ou faisons tout cela à la fois pour mettre au défi notre corps...
La température interne augmente, trop. Elle dépasse un seuil admissible par l'organisme et active deux réponses physiologiques pour perdre un supplément de chaleur.